Projection

Galerie des Portraits

20 > 22.03.18

Hors les murs

Christian Rizzo, mortellement

Chez Christian Rizzo, le plateau est presque toujours sombre, cernépar la nuit, l’obscurité, la peur du noir et des méchants lapins (B.C, janvier 1545, Fontainebleau). C’est que la mort est sans arrêt àl’horizon de ses pièces. Elle n’est d’ailleurs pas toujours effrayante. Parfois, bien sûr, elle a l’allure de pendus (Le Bénefice du doute) ou d’un motard casquéqui rappelle les films de Cocteau (Comme crâne, comme culte), mais elle est d’autres fois aussi
douce que deux robes fantomatiques qui dansent sous les effets de ventilateurs (100% Polyester). Douce ou cruelle, n’empêche, elle est ce qui rôde sans fin, entoure, console ou pétrifie, ce qui fait crier ou tomber les danseurs (Soit le puits...), ce qui menace de les immobiliser dans des postures figées. La danse de Rizzo est une danse avec ou contre la mort, oùchaque mouvement est un signe nalement joyeux de survie.
 

Volmir Cordeiro, Panoplies

Il y a toujours un moment dans les pièces de Volmir Cordeiro – qui sont surtout, pour l’instant et dans sa jeune carrière, des solos ou des quasi-solos – oùle vêtement prend tout son sens. Par exemple, il danse dans une tunique noire et ottante qui ne cache rien, ou il baisse son collant et le remonte, ou il s’enroule dans des tissus de couleur ou bien encore il se colle deux scotches noirs sur les yeux. Àquoi lui sert toute cette panoplie ? Sans doute à montrer que le regard suit des codes – des codes sociaux aussi bien que vestimentaires – et que ce qu’il cherche àdanser, avec ses membres gigantesques qui déchirent et déstabilisent l’espace, c’est justement une danse qui déconstruise les regards et les normes convenus.
 

Solitude(s) Mathilde Monnier

La danse de Mathilde Monnier est habitée par la thématique de la solitude. Si dans ses pièces les danseurs sont nombreux, sur le plateau, chaque danseur se détache par son individualitéet sa façon de trouver sa place dans le groupe ou en solo. Dans Tempo 76, c’est un unisson qui rythme la pièce, obéissant au métronome de la musique de Ligeti, chaque danseur est àla fois un corps commun et un corps singulier. Dans Déroutes, les interprètes vivent leurs parcours sur un même plateau se rencontrant oùse croisant au fil du hasard de leurs marches. Les Lieux de la, aussi, àleur façon, raconte l’histoire de la dispersion d’une communautéqui n’en nit pas de se reconfigurer. Duos et trios – figures du lien – sont fréquents dans la grammaire de Mathilde Monnier, mais ce qui prédomine ce sont des danses solitaires, de véritables solos ou des solos àplusieurs (voir les errances rock de Publique), oùchacun, chacune, se laisse entraîner par son propre mouvement et sa propre dérive.