Spectacle

Catherine Diverrès
Carolyn Carlson

Pièces de répertoire de 1973 à 2012

Carolyn Carlson Immersion © Laurent Philippe
Carolyn Carlson Immersion © Laurent Philippe

Montrer les œuvres phares de deux auteures. C’est une série commencée l’an dernier au CN D. Après Monnier/Marin ou Mantero/Triozzi, Carlson et Diverrès sont à l’honneur ce printemps. Avec elles, les corps deviennent calligraphies, emblèmes d’un monde souterrain, tragique et mystérieux. Leur danse est une affaire de femmes, le mouvement d’un corps non morcelé jouant avec la gravité, l’énergie pulsionnelle, l’expressivité et une certaine violence des affects. Elles, ce sont Carolyn Carlson et Catherine Diverrès, deux chorégraphes produisant un monde d’images et d’énergies nourri d’ailleurs et de rencontres. Du parcours de Catherine Diverrès, on retient surtout son départ au Japon en 1983 pour rencontrer Kazuo Ôno, l’un des chorégraphes fondateurs de la danse butô. De Carolyn Carlson, on se souvient qu’elle quitte Alwin Nikolaïs pour la France à l’aube des années1970, laissant son empreinte sur plusieurs générations d’interprètes et de créateurs. Dans ce programme, les deux chorégraphes font remonter à la surface de leurs corps, non pas leur mémoire, encore moins un passé révolu, mais l’écume du geste qui les a fondées. Dans Ô Sensei, Catherine Diverrès accompagnée de Katja Fleig, nous ramène aux origines de son écriture, dans un dialogue avec l’esprit de son maître (Sensei) Kazuo Ôno disparu en 2010. Tendue de variations infimes, d’incantations vibratoires en incarnations ambiguës, sa gestuelle esquisse un adieu qui se répète infiniment comme on déplie le temps. Dans Short Stories, Carolyn Carlson tutoie l’invisible. De son fameux solo Density 21,5 qui révolutionna le monde de la danse il y a 42 ans, transmis à Isida Micani, jusqu’à l’hypnotique Mandala dansé par Sara Orselli, Carlson raconte l’air et les songes. Mais la Water Lady éternelle, propage de sa présence intense Immersion, donnant corps aux profondeurs insondables de l’âme.

Auteur d’une centaine de chorégraphies, mais aussi calligraphe et poète, Carolyn Carlson, Californienne d’origine finlandaise, commence sa carrière d’interprète chez Alwin Nikolaïs. En 1971, elle choisit Paris pour se lancer dans ses recherches personnelles. Nommée par Rolf Liebermann, Étoile-chorégraphe (un titre inventé pour elle) à l’Opéra de Paris après la création de Density 21.5 en 1973, puis directrice du GRTOP (Groupe de recherches théâtrales de l’Opéra de Paris), ses pas la guideront ensuite de Venise à Stockholm ou Helsinki. Revenue à Paris en 1999, elle y fonde l’Atelier de Paris-Carolyn Carlson à la Cartoucherie tout en assurant la direction du Ballet du Nord, CCN de Roubaix de 2004 à 2013. Aujourd’hui, elle continue de diriger sa propre compagnie qui parallèlement à la diffusion, son cœur d’activité, s’oriente vers de nouvelles formes de création : exposition, long-métrage...

Formée à la danse classique, puis à Mudra, l’école de Maurice Béjart, Catherine Diverrès danse notamment pour Dominique Bagouet à l’aube des années 1980. Elle part ensuite au Japon où elle suit une formation de six mois auprès de Kazuo Ôno, l’un des fondateurs du butô, en compagnie de Bernardo Montet. Ensemble, ils créent Instance (1983), une pièce majeure, suivie du Rêve d’Helen Keller primé au Concours de Bagnolet 1984. Après dix ans de créations couronnées de succès, ils sont nommés en 1994 à la codirection du CCN de Rennes et de Bretagne, rôle qu’elle assumera seule de 1998 à 2008. Depuis cette date elle dirige sa propre compagnie.

27 > 29.03.18

CN D Pantin
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