Spectacle

Mark Tompkins

STAYIN ALIVE
création

Mark Tompkins © Per Morten Abrahamsen
Mark Tompkins © Per Morten Abrahamsen

STAYIN ALIVE : le titre de la nouvelle création de Mark Tompkins condense certains des paradoxes qu’il n’a cessé de manier tout au long de son œuvre : brouiller les pistes, mélanger sans relâche le spectaculaire et l’intime, tramer les ressources de la voix, du corps, les déguisements de toutes sortes, et ramener sur la scène contemporaine un tissu d’influences issues de la chanson ou du cabaret pour aller toucher au rapport ambigu de la fiction et de l’incarnation. STAYIN ALIVE est donc à la fois un tube disco – dont il suffit de prononcer le titre pour que les premières mesures démarrent dans la tête – et un signifiant, rester en vie, qui évoque une méditation sur le passage du temps, le vieillissement, la mort, et les devenirs du corps de danseur. À l’origine de ce spectacle, l’impression d’être désormais catalogué dans la catégorie des « vieux », dont la carrière serait derrière eux : trop vieux pour danser, pour bouger, pour créer. Face à cette injonction silencieuse à s’effacer pour devenir un nom dans l’histoire, Mark Tompkins affirme la persistance du corps comme force au présent : un corps qui se présente à la frontière de ce qu’il est et de tous ses devenirs, de tous ses états fantasmés. Danse macabre, STAYIN ALIVE retraverse, passe, batifole, chante, rechante, redit ; énumère les vies réelles et rêvées, les états traversés et ceux qu’il reste à inventer. La scène devient une grande fiction – le lieu du réel des corps en même temps qu’un petit bout d’éternité arraché au temps. Dans ce show où l’on ne sait jamais ce qui est de l’ordre du premier degré, de l’ironie mordante ou de la célébration de la transformation, persiste la passion d’incarner.

Chorégraphe, chanteur, danseur aux multiples visages, Mark Tompkins manie les genres et mélange les formes avec un infatigable désir de décloisonnement. Avec la compagnie I.D.A., fondée en 1983, il fabrique des OVNI performatifs mêlant la musique, le chant, le texte et la vidéo. Avec la complicité du scénographe Jean-Louis Badet, ses pièces alternent entre concerts, performances, solos et pièces de groupe – comme la trilogie musicale BLACK’N’BLUES (2010), OPENING NIGHT (2012) et SHOWTIME (2013). Il crée en 2017BAMBI un drame familial, puis HOLY ROLLER avec et pour James Carlès et RESURRECTION en collaboration avec Mariana Tengner Barros.

20 > 22.03.18

CN D Pantin
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