Exposition

Andy De Groat, inspirations et libertés

Julia Busto dans
Julia Busto dans "Rope Dance Translation", chorégraphie d'Andy De Groat - Festival d’Automne à Paris, Musée Galliera (Paris) - 1974 / Fonds Gilles Hattenberger – Médiathèque du CN D

14.04 > 04.06.22

CN D Pantin

Andy De Groat (1947-2019), l’homme comme le chorégraphe, était contradictoirement plusieurs personnages à la fois : fasciné par le répertoire classique et goûtant également l’imaginaire baroque ou certaines radicalités modernes ; tour à tour minimaliste et flamboyant ; presque lyrique, ici, et là, s’affichant tout abstraction ; saisi dans telle œuvre par la contrainte combinatoire quand ailleurs, c’est par les impératifs d’un récit ou la mise en jeu de divers personnages.
Dans son œuvre, comme dans son parcours de vie, cependant, plusieurs traits et caractères saillants viennent dire mieux que d’autres celui qu’était cet artiste majeur, atypique dans le paysage de la danse de son temps, et la qualité comme l’originalité de son œuvre. C’est ce que veut faire apparaître cette exposition conçue à partir des archives données au CN D par le chorégraphe. Entre New York et Montauban, des Andrew Degroat dancers à la compagnie de jeunes Wah Loo Tin Tin co., via Red notes et le Groupe de recherches de l’Opéra de Paris, des amis Robert Wilson et Jerome Robbins aux danseurs cultivant toujours son héritage, de l’épure du « spinning » aux démultiplications de la Fan dance, des démesures de La Bayadère à celles de La Folie d’Igitur, on évoquera aussi bien son double ancrage franco-américain et une forme de nomadisme, sa considération pour les interprètes et la fidélité de ses amis, l’importance pour lui de la musique et ses procédés de collage ou de reprise, son recours aux comptes et à diverses pratiques d’écriture ou de dessin, son invitation aux enfants et amateurs et ses relations complexes avec le milieu professionnel, mais aussi la coexistence dans une même vie de la notoriété et de l’isolement, du prestige et de la précarité.