Exposition

La Ribot

Se Vende – Partie II

La Ribot, Carnets de création
La Ribot, Carnets de création

05.10 > 16.11.19

CN D Pantin

Exposition en deux parties, au Centre Pompidou du 14 au 23 septembre puis au CN D, Se Vende rassemble à Pantin des vidéos qui abordent le spectacle à partir de ses marges : FILM NOIR, un hommage aux figurants, et Scène-Fiction, qui dévoile l’envers d’une création. Cette performativité du langage se retrouve également dans ses cahiers de notes, rédigés entre 1985 et 2018, là où notation, concept et dessin fondent une écriture résolument agissante. Enfin, l’installation Laughing Hole, présentée grâce à un partenariat avec le Centre national des arts plastiques, prolonge la performance du même nom et envahit l’un des studios du CN D.

Née à Madrid en 1962 et résidant à Genève, La Ribot est chorégraphe, réalisatrice, danseuse et artiste plasticienne. Ses projets, conçus à partir d’une base protéiforme et indisciplinaire, naissent toujours du mouvement, du corps et de ses origines dans la danse, pour adopter ensuite d’autres pratiques, systèmes et matériaux, générés par les concepts qu’elle
élabore. Elle est interprète uniquement de ses propres pièces, ainsi que la créatrice des costumes, de la mise en scène et de la plupart des objets. Ce statut multiple de danseuse, chorégraphe et artiste fait sa singularité. Depuis les années 1990, sa pratique se fonde sur des procédés issus des arts plastiques (collage, découpage, coloriage, fragmentation, juxtaposition), qu’elle applique au mouvement, au corps, aux costumes, à la lumière, à la musique. À travers plus de quarante-cinq oeuvres – chorégraphies, installations, vidéos –, La Ribot n’a de cesse de déployer son intérêt pour l’art vivant, le corps humain, sa capacité d’expression à la fois poétique, subversive et politique.

Liste des œuvres

Installation Laughing Hole (2006)
FILM NOIR (2014-2017)
Scène-Fiction (2014)
Carnets d’artiste de La Ribot (1982-2018)
 


Carnets
Galerie
1982-2018

En consignant ses pensées sur des carnets, La Ribot analyse à la fois sa propre pratique artistique et conjure les angoisses liées au processus de création et à l’existence même. Chaque carnet est une compilation hétéroclite d’idées de chorégraphie, partitions, plans de répétition, dessins, maquettes, juxtaposés à des coupures de presse, listes de choses à faire, budgets, citations, lettres et numéros de téléphone. Cette collection présente l’acte de composition graphique comme une pratique corporelle en continu, prolongeant la complexité du travail prolifique et multidisciplinaire de La Ribot, ainsi que son quotidien à travers les pays et les langues.
Dramaturgie Jaime Conde-Salazar Eylül Fidan Akıncı


Face au Studio 12
Scène-Fiction
2014, vidéo, 15 min.

Réalisé durant la création d’El Triunfo de La Libertad (2014), Scène-Fiction est un plan-séquence filmé à la mini-caméra. Documentaire tourné sur le vif, il invite le spectateur à découvrir l’envers du décor théâtral en suivant les techniciens qui font la mise en place au plateau. Organisé autour de deux plans d’action, la scène et le niveau inférieur des coulisses d’où sont remontés les éléments de scénographie, il procède à un renversement de la focale du spectateur, en proposant d’adopter le point de vue de l’artiste. Résolument inclusif, Scène-Fiction s’inscrit dans le prolongement des travaux réalisés par l’artiste avec des figurants ou des danseurs handicapés, en reconsidérant ici la présence sur scène de ceux qui travaillent à sa marge. Hommage aux techniciens de la Comédie de Genève, il met en lumière le travail d’une communauté de l’ombre, saisie entre discussions, négociations, prises de becs et éclats de rires. Perçus à travers l’oeil complice de La Ribot, les techniciens deviennent alors les protagonistes du spectacle du réel, faisant valoir leur savoir-faire, leur performance et leur force comique.
Courtesy of the artist
 

Studio 12
FILM NOIR
2014-2017, vidéo, 35 min.

Débuté en 2014, FILM NOIR est un projet au long cours qui explore une figure qui fascine La Ribot : le figurant, l’extra, le surnuméraire, l’acteur en toile de fond. Avec cette composition de film, La Ribot expose les mouvements et les contextes dans lesquels ces « extras » s’inscrivent. Intéressée depuis les années 1990, par l’apport que peuvent amener à la danse ces corps qu’elle invite sur scène, La Ribot dévoile – à l’inverse du regard – ce qu’il y a de chorégraphique dans le cinéma : via les actions réalisées par les figurants, ou encore le traitement de l’espace par le mouvement et le champ de la caméra, mais surtout par l’implication de ces corps qu’elle a toujours identifiés à la figure du spectateur. Ces figurants font partie intégrante de son travail : de 12 Toneladas de plumas (1991) à El Gran Game (1999), de PARAdistinguidas (2011) à 40 Espontáneos (2004) où les figurants constituaient les seuls protagonistes de la pièce.
Courtesy of the artist
 

Studio 8 — performance le 5.10
Studio 1 — installation du 8.10 > 16.11
Laughing Hole
2006

Pièce de La Ribot la plus engagée, adresse au cynisme de l’Occident, Laughing Hole met en scène durant six heures trois interprètes qui trient et exposent des centaines de pancartes en carton, à la surface desquelles les mots sonnent comme autant d’uppercuts. À l’articulation du politique et de la poétique, la pièce traduit la colère de la chorégraphe face à l’inhumanité de la prison de Guantanamo et à l’indécence de son traitement médiatique. La chute et le soulèvement d’un côté, le rire nerveux et obsessionnel de l’autre forment les motifs centraux de cette oeuvre enragée qui répond à la violence des actes par la force des images. Déclinée sous forme d’installation, la pièce trouve un prolongement naturel dans le corpus plastique de La Ribot. Laughing Hole fait partie de la collection du Centre national des arts plastiques (Cnap), son activation et son exposition sont rendues possibles grâce à son prêt.