Gisèle Vienne
artiste associée

Le corps comme lieu de développement de la connaissance et de la remise en question de nos systèmes de perception culturellement construits : c’est la ligne de force de la résidence de Gisèle Vienne au Centre national de la danse. Ce temps de compagnonnage privilégié, en 2021 et 2022, est pensé par la chorégraphe, metteuse en scène et plasticienne comme un espace d’expérimentation en lien avec les différentes missions du CN D, de la création à la recherche et à la pédagogie. Puisque le CN D est un lieu symbolique pour la danse, où l’histoire s’écrit et se réécrit, Gisèle Vienne souhaite proposer une réflexion sur l’enjeu politique et sociétal du champ chorégraphique. Dans le prolongement de son travail chorégraphique, sa résidence associe des artistes et des théoriciennes et théoriciens à son désir de réorienter le regard, d’analyser pour déconstruire les systèmes de domination et de mettre le sensible et le geste au cœur du développement de la pensée.
À l’automne 2021, c’est avec Elsa Dorlin, professeure de philosophie politique contemporaine à l’université de Toulouse – Jean Jaurès, que Gisèle Vienne va d’abord présenter une série de podcasts produits par le CN D ainsi qu’un séminaire. Déjà accueillie à Pantin depuis de nombreuses années, la compagnie de Gisèle Vienne investit également le CN D. Une fiction-documentaire y a été tournée autour de Jerk, la reconstitution grinçante des crimes perpétrés par le serial killer américain Dean Corll que la chorégraphe avait mise en scène en 2008.
Dans le cadre du Portrait que le Festival d’Automne à Paris lui consacre en 2021, Gisèle Vienne présente également avec le CN D une reprise de Crowd à la MC93 ainsi qu’une création à La Station – Gare des Mines. Inspirée par la trajectoire de personnages isolés dans Crowd, cette performance mettant en scène une fête et la perception émotionnelle du temps – qui fait désormais autrement écho, dans le contexte récent – retraduira leur gestuelle pour évoquer le corps, interdit, en manque des autres.

Gisèle Vienne est une artiste, chorégraphe et metteure en scène franco-autrichienne. Après des études de philosophie et de musique, elle se forme à l’Ecole Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette. Elle travaille depuis régulièrement avec, entre autres collaborateurs, l’écrivain Dennis Cooper, et les musiciens Peter Rehberg et Stephen O’Malley. 
Depuis vingt ans ans, ses mises en scènes et chorégraphies tournent en Europe et sont présentées régulièrement en Asie et en Amérique, parmi lesquelles I Apologize (2004), Kindertotenlieder (2007), Jerk (2008), This is how you will disappear (2010), LAST SPRING: A Prequel (2011), The Ventriloquists Convention (2015) et Crowd (2017).  En 2020 elle crée avec Étienne Bideau-Rey une quatrième version de Showroomdummies au Rohm Theater Kyoto, pièce initialement créée en 2001. Gisèle Vienne expose régulièrement ses photographies dans des musées dont le Whitney Museum de New York, le Centre Pompidou, au Museo Nacional de Bellas Artes de Buenos Aires. Elle a publié deux livres Jerk / Through Their Tears en collaboration avec Dennis Cooper, Peter Rehberg et Jonathan Capdevielle en 2011 et un livre 40 Portraits 2003-2008, en collaboration avec Dennis Cooper et Pierre Dourthe en février 2012. Son travail a fait l’objet de plusieurs publications et les musiques originales de ses pièces de plusieurs albums. Son dernier spectacle L’Étang, mise en scène du texte de Robert Walser Der Teich, a été créé en résidence au TNB à Rennes en novembre 2020.