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Mains tendues vers l’impossible, Georges Didi-Huberman

Conférence inaugurale

Georges Didi-Huberman © Patrice Normand, Éditions de Minuit
Georges Didi-Huberman © Patrice Normand, Éditions de Minuit

30.09.21 — 14:15

CN D Pantin

Quelqu’un dirige sa main vers une paroi rocheuse, l’y pose un instant et y projette, peut-être avec sa bouche, un halo de pigment en poudre. Alors son geste se fait image : un acte rouge. Pour le comprendre, en dépit des difficultés intrinsèques pour interpréter l’art pariétal, il faudra s’engager dans une anthropologie de la main tendue. Georges Bataille nous y aide : il voyait dans toute intensité gestuelle une façon, disait-il, de « toucher l’impossible ». Dans le chemin qui, depuis l’humanisme, va et vient entre manus agens et manus loquens, on tentera alors de tourner notre regard vers les chorégraphies de mains tendues vers l’impossible, savantes et bouleversantes, du Caravage.

Georges Didi-Huberman est philosophe et historien de l’art. Il enseigne à l’École des hautes études en sciences sociales (Paris). Il a enseigné dans de nombreuses universités étrangères et a reçu de nombreuses distinctions, dont le prix Aby Warburg, le prix Max Weber le prix Alexander von Humboldt et, en 2015, le prix Theodor W. Adorno. Il a dirigé plusieurs expositions internationales. Il a publié une soixantaine d’ouvrages sur l’histoire et la théorie des images. Parmi les plus récents : L’Œil de l’histoire (cinq volumes, Minuit, 2009- 2015), Ninfa Fluida (Gallimard, 2015), Ninfa profonda (Gallimard, 2017), Ninfa dolorosa (Gallimard, 2019), Désirer désobéir (Minuit, 2019), Pour commencer encore (Argol, 2019), Éparses (Minuit, 2020) et Imaginer recommencer (Minuit, 2021).