Collection portrait

Conçus et réalisés par la Nouvelle cinémathèque de la danse, ces montages d’une demi heure présentant un artiste sous un angle précis sont disponibles sur demande auprès de l’équipe du Pôle Diffusion.

Alain Buffard, les théâtres du moi

30 min.
Trailer

Dès Good Boy, son premier solo, ou le premier qui compte, Alain Buffard met en scène son propre corps, ses forces et ses faiblesses, ses puissances et ses fragilités. Il ne cessera plus ensuite d’inventer des mises en scène parfois très théâtrales qui lui serviront à réfléchir à ce qui fonde et fabrique une identité trouble et peut-être tremblante (le tremblement est une figure qui fait souvent retour chez lui). Masques, tee-shirts, perruques, costume de polystyrène, chaussures à talons compensés, corps fragmentés : les pièces de Buffard, de More et encore à Wall dancin’ – Wall fuckin’, inventent une grammaire de l’identité : qu’est ce qui fait qu’on ressemble à quelqu’un d’autre, et comment passer d’un genre à l’autre, d’un visage à l’autre et comment ces passages incessants peuvent-ils fonder une communauté ?

Les extraits

Les Inconsolés, 2005
MORE et encore, 1999
INtime / EXtime, 1999
My Lunch with Anna, 2005
Good Boy, 1998
Wall Dancin’ - Wall Fuckin’, 2003
Dispositifs 3.1, 2001
Mauvais genre, 2003
 

Métamorphoses de François Chaignaud

2019, 15 min.

Toutes les pièces écrites par François Chaignaud, le plus souvent en collaboration (avec Cecilia Bengolea, Nino Laisné, Théo Mercier…) satisfont sans faillir à ce principe : on y voit vivre, chanter, danser « des personnages qui n’ont d’autre choix que de transformer le réel à la mesure de leur désir » : « gitane » qui tourne autour d’un motard immobile et noir comme la mort (Radio Vinci Park), interprètes-fleurs de Soufflette, gisants contemporains de Sylphide, elles et ils s’acharnent à dépasser leurs conditions pour produire des corps sans normes qui ont su transgresser les catégories où la vie et le monde auraient voulu les assigner, les cantonner.

Les extraits

Думи мої – DUMY MOYI, 2013, réalisation 24 images
Offrande (un portrait de François Chaignaud), 2008, réalisation Sothean Nhieim
Soufflette, 2018, en collaboration avec Carte blanche, réalisation Bergen International Festival
Romances incertos, un autre Orlando, 2017, en collaboration avec Nino Laisné, réalisation Nino Laisné
Radio Vinci Park, 2016 en collaboration avec Théo Mercier, réalisation Augustin Jacob, Sarah Tchheurekdjan, Claire Rouvillain Sylphides, 2009, en collaboration avec Cecilia Bengolea, réalisation CN D
Narcisse, 1905, chorégraphie Isadora Duncan, transmission Élisabeth Schwartz, réalisation CN D
altered natives’s Say Yes To Another Excess – Twerk, 2012, en collaboration avec Cecilia Bengolea, réalisation du CN D
Body Double 35, 2017, réalisation de Brice Dellsperger

Avec l’autorisation de François Chaignaud/Vlovajob Pru, Brice Dellsperger, Nino Laisné, Sothean Nhieim, 24 images.


Lucinda Childs, la mise en marche

2017, 30 min.
Trailer

On pourrait raconter l’art de Lucinda Childs comme l’histoire d’une chorégraphe qui amplifie peu à peu ses mouvements. Dans ses premières performances, elle s’amuse des gestes que la société assigne, plus ou moins gentiment, aux femmes : préparer des sandwichs (Carnation) ou prendre un bain d’une jambe élégante (Pastime). Et puis, peu à peu, elle se met en marche comme une militante qui réclame son autonomie, qui ne veut plus vivre, vivre et danser, que dans un monde dont elle compose elle-même les lois. L’abstraction mathématique et les compositions géométriques sont un univers neutre où Lucinda Childs a su devenir maîtresse des formes et des durées (Melody Excerpt). Forte de ce savoir, elle peut retourner au monde classique du ballet : arabesques et port de bras sont alors passées sans complexe à sa si élégante moulinette combinatoire.

Les extraits

Carnation (1964), réalisation de Bob Lockyer, 1990
Pastime (1963), réalisation de Marie-Hélène Rebois, 2016
Reclining Rondo (1975), réalisation du Centre national de la danse, 2016
Calico Mingling (1973), réalisation de Babette Mangolte, 1973
Radial Courses (1976), réalisation du Centre national de la danse, 2016
Melody Excerpt (1973), réalisation de Jorge Cousineau (film + animation), 2013
Katema (1978), réalisation de Renato Berta, 1978
Einstein on the Beach, An Opera in Four Acts (1976), réalisation de Jack Moore, 1976
Dance (1979), réalisation de Marie-Hélène Rebois , 2014
Kilar (2013), réalisation d’Introdans, 2013

Avec l’autorisation de Lucinda Childs, Babette Mangolte, Marie-Hélène Rebois, Bob Lockyer, Renato Berta, Daphnie-Production, Pomegranate Arts, Introdans, The Center for the Art of Performance at UCLA, The Pew Center for Arts & Heritage. La vidéo de Melody Excerpt (animation + film) a été commandée par The Pew Center for Arts & Heritage pour faire partie de son programme en ligne A Steady Pulse: Restaging Lucinda Childs, 1963–78, accessible ici.
 

Volmir Cordeiro, Panoplies

2017, 15 min.
Trailer

Il y a toujours un moment dans les pièces de Volmir Cordeiro – qui sont surtout, pour l'instant et dans sa jeune carrière, des solos ou des quasi-solos – où le vêtement prend tout son sens. Par exemple, il danse dans une tunique noire et flottante qui ne cache rien, ou il baisse son collant et le remonte, ou il s’enroule dans des tissus de couleur ou bien encore il se colle deux scotches noirs sur les yeux. À quoi lui sert toute cette panoplie ? Sans doute à montrer que le regard suit des codes – des codes sociaux aussi bien que vestimentaires – et que ce qu’il cherche à danser, avec ses membres gigantesques qui déchirent et déstabilisent l’espace, c’est justement une danse qui déconstruise les regards et les normes convenus.

Les extraits

Ciel (2012), réalisation de Margaux Vendassi, 2012
Inês (2014), réalisation de Margaux Vendassi, 2014
Pièce de Cœur (2012), chorégraphie de Volmir Cordeiro et Cristina Moura, réalisation de Joaquim Pieri, 2012
Époque (2015), chorégraphie de Volmir Cordeiro et Marcella Santander Corvalán, réalisation de Margaux Vendassi, 2015
Rue (2015), réalisation de Margaux Vendassi, 2015
L’œil la bouche et le reste (2017), réalisation de Margaux Vendassi, 2017

Avec l’autorisation de Volmir Cordeiro, Margelles, Joaquim Pieri


Fanny de Chaillé, le décalage

2018, 30 min.
Trailer

Il y a toujours un moment dans l’œuvre souvent comique, voire carrément burlesque, de Fanny de Chaillé où les choses que l’on croyait stables vacillent ou déraillent : on se prend des portes en pleine face, on trébuche et chute, on regarde sa propre ombre vivre sa vie devant soi, on parle sans ouvrir la bouche, on ne parvient plus à se faire comprendre. Tout, finalement, dans cette œuvre, est un problème de rythme. Pas le bon rythme, pas au bon moment, pas les bons mots pas dans le bon sens. En jouant avec art de toute la palette des décalages (il arrive même à la caméra de filmer à côté), Fanny de Chaillé invente une danse-théâtre qui met son doigt doux-amer sur une des plus grandes difficultés de vivre. Il est difficile au fond de sauter tranquillement dans le courant du langage ou des gestes et de se laisser glisser sagement dedans.

Avec l’autorisation de Fanny De Chaillé, DISPLAY, Sophie Laly


Lisbeth Gruwez, de l’endurance

2019, 30 min.

Depuis qu’elle écrit ses propres chorégraphies, après avoir été une interprète fétiche des grandes années de la danse flamande, et notamment de Jan Fabre, Lisbeth Gruwez insiste et signe au même endroit : l’épuisement du geste, l’endurance du mouvement. Il faut que tout persiste et résiste. Que ce soient des secousses hilares (AH/HA), une ondulation du torse (Lisbeth Gruwez dances Bob Dylan) ou le ressac d’une vague (The Sea Within), il s’agit toujours de pousser le mouvement au-delà du raisonnable, jusqu’à l’hypnose, et peut-être la transe. Les corps – ceux des interprètes comme des spectateurs – luttent avec la fatigue, puis trouvent respiration et souffle justes afin d’habiter la dure durée.

Les extraits

L’origine, 2011, réalisation Kris Kenis
It’s Going To Get Worse and Worse and Worse, My Friend, 2012, réalisation Voetvolk vzw
Lisbeth Gruwez Dances Bob Dylan, 2015, réalisation Voetvolk vzw
The Sea Within, 2018, réalisation Voetvolk vzw
Ah/Ha, 2014, réalisation Voetvolk vzw
We’re Pretty Fucking Far From Okay, 2016, réalisation Voetvolk vzw
Penelope, 2017, réalisation Voetvolk vzw

Avec l’autorisation de Lisbeth Gruwez, Maarten Van Cauwenberghe, Voetvolk vzw. Photo Thibaut Montamat & Didier Olivré.
 

Daniel Linehan, rythme et langage

2019, 15 min.
Trailer


Daniel Linehan en deux mots ? Rythme et langage. Pour ce chorégraphe américain, né en 1982 et installé à Bruxelles depuis ses années de formation à P.A.R.T.S., ce qui parle en nous est ce qui donne sens et vitesse à nos gestes. Parfois ce sont de simples murmures, des syllabes décomposées ou des grognements (Digested Noise) et parfois des phrases signées Hugo Ball ou Platon. Parfois, une phrase sans arrêt répétée (Not About Everything) et d’autres fois, des mots que les danseurs saccadent au rythme de lumières qui s’allument / s’éteignent. Mais à chaque fois, le langage est le lieu où le geste trouve une raison de naître et d’inventer de subtils discours tout de reprises et d’interruptions.

Les extraits

The Karaoke Dialogues, 2014, filmé le 22 mai 2014 au Kaaitheater à Bruxelles
Zombie Aporia, 2011, filmé le 29 septembre 2015 à STUK à Louvain
Not About Everything, 2007, filmé le 24 mars 2017 au festival Bouge B de deSingel à Anvers
Un Sacre du Printemps, 2015, filmé le 12 juin 2015 à l’Opéra de Lille
dbddbb, 2015, filmé le 4 février 2016 au Kaaitheater à Bruxelles
Flood, 2017, filmé le 28 avril 2017 au Kaaitheater à Bruxelles
 

Maguy Marin ou comment dire

30 min.
Trailer

Maguy Marin ne danse pas seulement avec les corps. Elle danse avec les sons, les onomatopées, les mots, les phrases, les langues étrangères, la langue en général. Depuis ses premières pièces, la parole a toujours été non seulement une matière, mais aussi l’un des moteurs essentiels du mouvement, une sorte de règle rythmique plus ou moins cachée comme en témoigne le fameux « Fini. C’est fini. Ça va finir. Ça va peut-être finir », tiré de Beckett, et qui offre une cellule rythmique aux compositions de May B. Mais entre les tout simples « Ah » effrayés et « Oh » surpris (Ramdam) qui donnent de l’élan aux danseurs et les phrases en latin de Lucrèce qui les immobilise (Turba), il y a, il est vrai, et Maguy Marin en apporte une preuve réjouissante, cent façons d’utiliser le langage.

Les extraits

Ramdam, 1994
May B, 1981
Babel Babel, 1982
Aujourd’hui peut-être, 1996
Ha ! Ha !, 2006
Pour ainsi dire, 1999
Waterzooï, 1993
Quoi qu’il en soit, 1999
Nocturnes, 2012
Description d’un combat, 2009
Turba, 2007


Solitude(s) Mathilde Monnier

30 min.
Trailer

La danse de Mathilde Monnier est habitée par la thématique de la solitude. Si dans ses pièces les danseurs sont nombreux, sur le plateau, chaque danseur se détache par son individualité et sa façon de trouver sa place dans le groupe ou en solo. Dans Tempo 76, c’est un unisson qui rythme la pièce, obéissant au métronome de la musique de Ligeti, chaque danseur est à la fois un corps commun et un corps singulier. Dans Déroutes, les interprètes vivent leurs parcours sur un même plateau se rencontrant où se croisant au fil du hasard de leurs marches. Les Lieux de là, aussi, à leur façon, raconte l’histoire de la dispersion d’une communauté qui n’en finit pas de se reconfigurer. Duos et trios – figures du lien – sont fréquents dans la grammaire de Mathilde Monnier, mais ce qui prédomine ce sont des danses solitaires, de véritables solos ou des solos à plusieurs (voir les errances rock de Publique), où chacun, chacune, se laisse entraîner par son propre mouvement et sa propre dérive.

Les extraits

Soapéra, 2010
Les lieux de là, 1999
Pour Antigone, 1993
Tempo 76, 2007
Publique, 2004
Pavlova 3’23’’, 2010
Chinoiseries, 1991
MM in Motion, 1992
2008 vallée, 2006
Déroutes, 2002

 

Christian Rizzo, mortellement

30 min.
Trailer

Chez Christian Rizzo, le plateau est presque toujours sombre, cerné par la nuit, l’obscurité, la peur du noir et des méchants lapins (B.C., janvier 1545, Fontainebleau). C’est que la mort est sans arrêt à l’horizon de ses pièces. Elle n’est d’ailleurs pas toujours effrayante. Parfois, bien sûr, elle a l’allure de pendus (Le Bénéfice du doute) ou d’un motard casqué qui rappelle les films de Cocteau (Comme crâne comme culte), mais elle est d’autres fois aussi douce que deux robes fantomatiques qui dansent sous les effets de ventilateurs (100% Polyester). Douce ou cruelle, n’empêche, elle est ce qui rôde sans fin, entoure, console ou pétrifie, ce qui fait crier ou tomber les danseurs (Soit le puits...), ce qui menace de les immobiliser dans des postures figées. La danse de Rizzo est une danse avec ou contre la mort, où chaque mouvement est un signe finalement joyeux de survie.

Les extraits

Soit le puits était profond, soit ils tombaient très lentement, car ils eurent le temps de regarder tout autour, 2005
D’après une histoire vraie, 2013
Le Bénéfice du doute, 2012
Le Syndrome Ian, 2016
b.c, janvier 1545, Fontainebleau, 2007
Sakınan göze çöp batar, 2012
Comme crâne, comme culte, 2005
Et pourquoi pas : “bodymakers”, “falbalas”, “bazaar”, etc, etc... ?, 2001
Fom 1, 2009
100% Polyester, objet dansant n° (à définir), 1999

 

Noé Soulier, écriture sur écriture

2017, 15 min.
Trailer

L’écriture est un motif qui hante le travail de Noé Soulier. Soit qu’il commente et explique à voix haute sa propre danse en la dansant, soit qu’il écrive le mouvement en référence volontaire aux codes de la danse classique, soit qu’il écrive des phrases précises que les danseurs s’approprient à leur façon, les commençant et les achevant où ils veulent – à chaque fois, il s’agit de réfléchir à ce que l’écriture a et peut apporter à la danse. C’est sans doute cette croyance en la fécondité de la chorégraphie qui fait la singularité du chemin que Noé Soulier commence seulement à explorer.

Les extraits

Hand catching signs, 2013
Mouvement sur mouvement, 2013
Le Royaume des Ombres, 2009
Petites perceptions, 2010
Removing, 2015
Movement materials, 2014
Signe blanc, 2012
Faits et gestes, 2016

 

La Ribot ou la durée du geste

2018, 30 min.
Trailer

La nudité fréquente de La Ribot cache quelque chose. Quelque chose d’autre et de plus qu’il vaut la peine de regarder. D’abord, La Ribot adore jouer de la durée, qu’elle étire autant qu’elle peut. Des heures parfois comme dans Laughing Hole où les performeuses s’épuisent de rire. Ensuite, elle n’a pas peur de reprendre et de répéter en boucle des gestes très simples, détournés très souvent de la grammaire classique, comme en témoignent les chorus lines quasi comiques et très énergétiques de PARAdistinguidas. Durée et répétition participent à un projet plus général d’hypnose ou de fascination dont le trio minimal d’Another Disinguée est un magnifique exemple. Il s’agit de modifier les perceptions du spectateur, de leur proposer d’habiter un autre temps et un autre lieu, un espace où les attentes s’effondrent, où il n’y a rien à produire sinon le sentiment tout nu d’être là.

Les extraits

Muriéndose la sirena, Pièce distinguée n°1 (1993) / Treintaycuatropiècesdistingué&onestriptease 1991-2003, réalisation de Luc Peter, 2003
N°14, Pièce distinguée n°14 (1997) / Distinguished Hits 1991-2001, réalisation du Centre national de la Danse, 2016
Desasosiego, Pièce distinguée n°52 (2016) / Another Distinguée, réalisation du Collectif des routes, 2016
Gustavia (2008), conception de La Ribot et Mathilde Monnier, réalisation de Luc Peter, 2009
Forex, Pièce distinguée n°44 (2011) / PARAdistinguidas, 2011
40 Espontáneos (2004), réalisation de Jean-Yves Varin, 2004EEEXEEECUUUUTIOOOOONS !!! (2012), réalisation du CCN-Ballet de Lorraine, 2012
Laughing Hole (2006), réalisation de Luc Peter, 2009
19 equilibrios y un largo, Pièce distinguée n°19 (1997) / Distinguished Hits 1991-2001, réalisation du Centre national de la Danse, 2016
Sans titre IV, Pièce distinguée n°17 (1997) / Treintaycuatropiècesdistingué&onestriptease 1991-2003, réalisation de Luc Peter, 2003

Avec l’autorisation de Maria La Ribot, La Ribot Cie, CCN-Ballet de Lorraine

 

Ana Rita Teodoro : corps animal, corps végétal

2018, 15 min.
Trailer

Ana Rita Teodoro rampe comme un vers ou un serpent dans les rues de Lisbonne. Elle amasse des papiers entre ses jambes telle une araignée laborieuse entre ses pattes. Elle ondule lentement les bras, algue souple au fond d’un aquarium. Elle glisse sur un autre corps en une étrange parade amoureuse. Il y a dans la danse de la jeune chorégraphe portugaise un sentiment d’animalité ou de végétation, une visite volontaire aux frontières du corps humain, d’où le titre Orifice qui lui sert souvent de titre générique. Ana Rita Teodoro bouge au bord des trous. L’idée de cette danse est d’éprouver ce qu’un corps peut apprendre en se mêlant, temporairement, à une autre nature, d’autres gestualités et surtout à une organicité absolument différente qui confèrent aux mouvements une façon étrange et séduisante d’habiter la durée et l’espace.

Les extraits

MelTe, 2012, réalisation d’Alex Mogly
Plateau (Collection Délirer l’Anatomie), 2017, réalisation du Centre national de la danse (avec Bernardo Chatillon)
Rêve d’intestin (Collection Délirer l’Anatomie), 2015, réalisation de Marcia Lança
Fantôme méchant, réalisation de Nuno Figueira, 2015 
Orifice Paradis (Collection Délirer l’Anatomie), 2012, réalisation du CNDC d’Angers (images : Tidiani N’Diaye)

Avec l’autorisation de Ana Rita Teodoro, CNDC d’Angers
 

Gisèle Vienne, le suspens

2019, 30 min.
Trailer

La danse de Gisèle Vienne semble ne jamais renoncer à raconter quelque chose – même s’il n’est pas facile de dire quoi exactement. Peut-être rien de précis après tout, peut-être plutôt le simple sentiment d’une histoire. Ce qui compte c’est surtout de construire des effets de suspense et de suspension pour dire que nous (spectateurs, humains) sommes pris dans un récit qui nous dépasse et risque toujours de nous violenter (comme le fait la prose sanglante de Dennis Cooper, collaborateur régulier de la chorégraphe). Marionnettes, patineuse, clubbeurs : chacun des personnages de Gisèle Vienne est pris dans l’horizon d’un monde qui menace. Coups, blessures, mort : le pire est presque toujours sûr, d’ailleurs vous voyez, il vient, il arrive.

Les extraits

LAST SPRING: A Prequel, 2012, réalisation Stéphane Nota
Jerk, 2008, réalisation Antoine Parouty
The Ventriloquists Convention, 2015, réalisation Patric Chiha
I apologize, 2004, réalisation Patric Chiha
Showroomdummies 2#, 2001, réalisation Stéphane Nota
This is how you will disappear, 2010, réalisation Stéphane Nota Eternelle
Idole, 2009, réalisation Stéphane Nota
Kindertotenlieder, 2007, réalisation Patric Chiha
The Pyre, 2013, réalisation Stéphane Nota
Crowd, 2017, réalisation Caroline Detournay et Paulina Pisarek

Avec l’autorisation de Gisele Vienne.

 

Miet Warlop, la désinstallation

2019, 16 min.

Plâtre et peinture, eau et plastique, objets gonflables et sculptures explosives, corps animaux et prothèses absurdes : l’univers de Miet Warlop, performeuse plasticienne ou plasticienne performeuse c’est selon, consiste souvent à désinstaller le monde de manière ludique, farouche et souvent destructrice. Pistolets à peinture qui viennent salir le blanc laiteux (Big Bears Cry Too) ou solutions chimiques qui explosent, plumes qui volent partout, décor cassé à coups d’échelle (Mystery Magnet) : dans tous les cas, l’espace scénique est voué à assister à sa propre reconfiguration. Mais cette apocalypse n’est pas triste. Elle est au contraire proprement créatrice car au bout du compte c’est à vivre dans un nouvel équilibre que nous invite le monde passé à tabac par Miet Warlop. Dans un univers désinstallé, on peut toujours se réinstaller à sa guise.

Les extraits

Horse. A Man, A Woman, A Desire for Adventure, 2017, réalisation de Miet Warlop / Irene Wool vzw
Dragging the Bone, 2014, réalisation de Latitudes Prod (Lille)
Big Bears Cry Too, 2018, réalisation de Jan Bosteels
Mystery Magnet, 2012, réalisation de Pascal Poissonnier
Fruits of Labor, 2016, réalisation de Miet Warlop / Irene Wool vzw
Ghost Writer and the Broken Hand Break, 2018, réalisation de Jan Bosteels

Avec l’autorisation de Miet Warlop, Miet Warlop / Irene Wool vzw, Jan Bosteels, Pascal Poissonnier, Latitudes Prod – Lille.