3.04.26
Magasins Généraux
Performances inaugurales de l'exposition.
18:00 > 19:15
Deborah Bron et Camille Sevez, Les mondailles
Le terme « mondailles » fait référence à une tradition rurale. Les villageois se retrouvaient pour casser des noix dans un moment de partage où circulaient des savoirs, des récits et des gestes. Ce rituel collectif est le point de départ d’une expérimentation artistique et théorique. En déplaçant ce geste, Deborah Bron et Camille Sevez proposent un espace d’échange où la discussion s’ouvre pour questionner la place de l’art dans le développement et le renouvellement des territoires ruraux, et la manière dont ils façonnent les pratiques des jeunes artistes engagés sur ces terrains. Le 3.04, le public était invité à participer aux mondailles et à y laisser un témoignage qui reste visible durant l'exposition.
Camille Sevez et Deborah Bron
Duo d’artistes-médiatrices diplômées d’un master en arts visuels à la HEAD-Genève. Par leur engagement commun et une attention portée aux territoires qu’elles traversent, Elles développent une pratique artistique étroitement liée à la vie des lieux qu’elles investissent en artistes. Issues de territoires ruraux et périurbains de la région Rhône-Alpes, elles s’appuient sur leurs expériences de vie pour interroger les imaginaires, les désirs et les réalités sociales des habitants hors des villes. Depuis 2020, elles développent une recherche-action intitulée Réactiver les lieux qu’elles ont mené dans plusieurs territoires, et qui a donné lieu à une exposition au FRAC Centre–Val de Loire en 2025.
Clara Denidet et Gabriel Thiney, La part inouïe
À la lisière de ce que Charles Galtier appelle les terres ambigües ; ces espaces de cultures moites où l’osier pousse, il faut attendre le froid, pour faire la récolte puis le tri. Il faut attendre que le froid ait engourdi les corps et les champs. Alors la sève descend et la lame tranche un à un les pieds.
Le tri fait des gestes humbles que l’on fait debout, que l’on répète jusqu’à épuisement, jusqu’au moindre petit brin. C’est une transformation, presque invisible, à peine audible, qui fait qu’une plante devient à force, une matière. C’est une part du travail, qu’ils disent. C’est du travail avant le travail, mais je sais qu’au tri déjà, ils tressent dans leurs têtes. Je sais que l’hiver on tresse en rêve. À la fin, les brins se serrent et se tiennent debout ensemble. L’osier trié ici est la somme d’une récolte, conduite pendant une année, désherbée à la main, sur une petite parcelle située au bord d’un ruisseau à Cucuron. Le 3.04 le public était invité à assister au travail du vannier Gabriel Thiney, qui reste visibile durant toute la durée de l'exposition.
Clara Denidet
Artiste et autrice. Son travail itinérant, nourri de rencontres de terrain, explore nos manières d’habiter à travers des pratiques collectives mêlant savoirs, gestes et attention au soin.
Gabriel Thiney
Vannier et osiériculteur entre le Luberon et le Morvan. Il cultive l’osier qu’il tresse depuis 10 ans, développant une vannerie de gestes simples, entre formes utilitaires et recherches sensibles.
19:15 > 21:00
Jordi Galí, L’instant n’a que nos gestes
L’instant n’a que nos gestes est une suspension dans le temps où corps et objets partagent une même présence. À travers une suite de gestes la pièce ouvre une parenthèse propice à l’apparition d’une construction improbable visible durant l'exposition. Poutres, échelles, pneus et autres matériaux engagent le corps qui les travaille et l’obligent à composer avec leur poids, leur résistance et leur instabilité. De ce dialogue naît une danse qui emprunte au travail de construction sa rudesse, au cirque ses dangers, et aux gestes de l’artisan ses savoir-faire. Cette danse reste avant tout un point de rassemblement, une expérience commune autour de laquelle se tenir.
À travers ce projet, Jordi Galí explore le cheminement de l’impulsion — attaque, déploiement et fin — et la manière dont la matière façonne le mouvement et révèle le temps.
Jordi Galí
Né à Barcelone et formé en danse contemporaine, a été interprète pour Wim Vandekeybus, Anne Teresa De Keersmaeker ou Maguy Marin. Il développe depuis 2007 un travail de création personnel avec Arrangement Provisoire, dont il partage la direction artistique avec Vânia Vaneau depuis 2012. Artiste associé à Ramdam (2011–2014), puis au Pacifique CDCN de Grenoble (2016–2020) et à ICI–CCN de Montpellier (2020–2022), son travail explore les relations entre corps, matière, geste et objet, principalement dans l’espace public, à travers des constructions monumentales et éphémères ouvrant de nouvelles perceptions du quotidien.
Jacques Averna, Musique pour chambre
Objet symbole, la guitare électrique ne représente plus l’esprit de jeunesse et de rébellion qu’elle incarnait. Instrument, produit industriel, outil de scène, elle reste un acteur clé dans l’écriture et la diffusion des musiques populaires. En fabriquant des guitares aux silhouettes amusantes et aux usages délibérément contraints, Jacques Averna en accentue le caractère performatif et communicatif. Tantôt ironique, tantôt limitative dans le jeu, chaque pièce interroge la place de l’objet : comment un instrument peut-il devenir à la fois un obstacle et un partenaire, un accessoire et un centre ? Les guitares présentées prendront vie le soir du vernissage lors d’un concert du groupe.
Jacques Averna
Designer, enseignant et musicien, formé en design industriel à l’ENSCI Les Ateliers. Il conçoit des objets aussi variés que des instruments de musique, des vases ou des enseignes, en explorant leurs usages, leurs formes et leurs matériaux. Son travail dialogue avec les contextes culturels et les techniques, transportant des codes d’un domaine à l’autre. Il a reçu le Grand Prix Design Parade à la Villa Noailles et son travail est présenté au Mobilier National, au CNAP ou au Musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne. Il enseigne le design objet à l’EnsAD.
Darius Dolatyari-Dolatdoust, Flags Parade
Deux duos apparaissent, drapés de couleurs qui évoquent autant des fragments de drapeaux que le plumage d’oiseaux rares. Leurs corps se métamorphosent sous la toile froissée. Ces figures hybrides cherchent à communiquer sans langage. Un seul son « O » circule entre elles : appel, hésitation, murmure ou cri. À travers ce phonème unique, les interprètes traversent une infinité d’émotions, comme si le langage se réduisait à son essence la plus nue. Dans l’espace, les corps se frôlent, se répondent, se défient. Ils empruntent aux rituels du vivant, à ces danses animales où l’on s’expose pour mieux rencontrer l’autre. Les couleurs déployées deviennent signaux, invitations, tentatives d’apparaître autrement. Flags Parade imagine ainsi une humanité camouflée dans un éclat de couleurs, non pour disparaître, mais pour réinventer ses façons de se montrer, de s’écouter et de former un commun. Une parade finale, simple et fragile, où le geste, le son et la matière cherchent à redessiner notre manière d’être ensemble. Les costumes de la performance sont à voir durant l'exposition.
Darius Dolatyari-Dolatdoust
Artiste franco-irano-allemand-polonais. Il développe une pratique transversale mêlant arts visuels, textile, performance et chorégraphie. Ses oeuvres, patchworks, kilts, feutres, costumes, interrogent les notions d’exil, de mémoire et d’identité à travers une matière textile vivante, mouvante, vecteur de transformation. Le costume devient un lieu de métamorphose, où les corps se déforment pour inventer de nouveaux récits. Inspiré par les arts persans, les archives familiales ou les objets archéologiques, il recompose une mémoire éclatée et invente des paysages fantasmés, peuplés d’entités hybridées.