Colloque international
Concourir !?

Alors que demain débutent les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, ce colloque international souhaite interroger la pratique et l’histoire du concours de danse à l’aune des compétitions sportives. Si le concours, notamment celui des disciplines olympiques, fait l’objet d’une abondante littérature, le concours de danse n’a, quant à lui, jamais été examiné dans les dimensions corporelles, artistiques et sociales qu’il met en jeu.

28 > 30.09.2023

Proposition de communication à adresser avant le 1.12.2022

Qu’est-ce que l’action de concourir mobilise ? Si le verbe « concourir » renvoie dans son sens usuel aux notions de défi, de mise en concurrence, on ne saurait occulter ses significations premières qui se relient, à la Renaissance, au fait de « se rencontrer » et de « s’accorder ». L’usage du terme en mathématiques – « converger en un même point » – hérite également de l’étymologie de l’époque moderne et de l’idée de « se présenter en même temps au même endroit ».

« Concourir » renvoie également à une proxémie lexicale particulière autour de laquelle s’articulent les notions d’antagonisme et d’interdépendance. Ainsi, le mot « concurrence », qui signifie « rivalité entre plusieurs personnes ou forces pour un même objet » se réfère conjointement au fait « d’agir à égalité dans la poursuite d’un même but ». Le terme
de « compétition », emprunté initialement à la langue anglaise, ajoute l’idée de « lutte simultanée » entre personnes ou groupes. Associé au domaine du commerce et de la politique, son usage s’élargit dans l’Angleterre du XIXe siècle à des formes pacifiées de rivalités à travers l’émergence du sport moderne. On parle alors de « challenge » pour décrire l’instauration périodique des premiers matchs de baseball, courses hippiques ou rencontres d’athlétisme qui se présentent autant comme des défis que comme des moments ludiques.

Un enjeu du colloque sera notamment de contribuer à l’élaboration d’une réflexion documentée autour de l’histoire des concours de danse afin d’enrichir les outils de la culture chorégraphique en Europe et dans le monde. Pour ce faire, le colloque invite à une pluralité de regards et d’expériences permettant des approches allant du micro au macro et tenant compte de la diversité des aires culturelles et des contextes historiques, économiques et politiques : entre autres, la recherche en danse et en éducation physique et sportive, l’analyse du mouvement, la médecine, l’anthropologie, la praxéologie, la philosophie, ainsi que la sociologie et l’histoire socioculturelle.

Le colloque invite les participants et participantes à intervenir selon différents formats, incluant également des modalités performatives.